La ferritine est une protéine présente dans l’organisme qui permet de stocker le fer. Son dosage sanguin est fréquemment demandé lors d’un bilan biologique afin d’évaluer les réserves en fer. Chez la femme après 60 ans, l’interprétation du résultat demande de prendre en compte l’âge, les antécédents médicaux, les traitements en cours ainsi que l’état général. Une valeur située dans les limites du laboratoire n’indique pas systématiquement une situation identique d’une personne à l’autre. Source : https://www.sgca.fr
Après la ménopause, les pertes sanguines liées aux règles disparaissent. Cette modification physiologique influence souvent les réserves en fer et peut entraîner des différences par rapport aux femmes plus jeunes. La ferritine devient alors un indicateur fréquemment utilisé pour rechercher un manque de fer, surveiller une supplémentation ou participer à l’évaluation de certaines maladies chroniques.
Sommaire :
À quoi correspond la ferritine ?
Le fer est indispensable à de nombreuses fonctions biologiques, notamment à la fabrication de l’hémoglobine, molécule chargée du transport de l’oxygène dans le sang. Une partie du fer est utilisée immédiatement, tandis qu’une autre est stockée sous forme de ferritine dans différents tissus, principalement le foie, la moelle osseuse et la rate.
Le dosage sanguin de la ferritine permet d’estimer les réserves disponibles. Lorsque ces réserves diminuent, le taux de ferritine baisse généralement avant même l’apparition d’une anémie. À l’inverse, une augmentation peut être observée dans plusieurs situations qui ne sont pas toujours liées à un excès de fer.
Chez les femmes âgées de plus de 60 ans, ce dosage est souvent réalisé dans les cas suivants :
- Fatigue persistante.
- Essoufflement inhabituel.
- Bilan de santé périodique.
- Surveillance d’un traitement à base de fer.
- Recherche d’une cause à une anémie.
- Suivi de maladies inflammatoires ou hépatiques.
- Contrôle après un saignement digestif.
Quel est le taux de ferritine considéré comme normal après 60 ans ?
Les valeurs de référence varient légèrement selon les laboratoires et les méthodes utilisées. Chez la femme adulte après 60 ans, les limites habituellement rencontrées se situent souvent entre 20 et 200 microgrammes par litre (µg/L), avec parfois des fourchettes légèrement différentes.
Un résultat doit toujours être interprété avec les normes indiquées sur le compte rendu d’analyse. Une ferritine à 30 µg/L peut être considérée comme normale dans certains laboratoires, mais cette valeur peut aussi être examinée plus attentivement si des symptômes compatibles avec un manque de fer sont présents.
| Ferritine | Interprétation générale | Observation |
|---|---|---|
| Moins de 15 µg/L | Réserves très faibles | Manque de fer probable |
| 15 à 30 µg/L | Réserves basses | Analyse du contexte nécessaire |
| 30 à 200 µg/L | Valeurs souvent compatibles avec la normale | Selon les normes du laboratoire |
| Plus de 200 µg/L | Valeur élevée | Recherche d’une cause utile |
Une femme de 65 ans sans symptôme particulier et présentant une ferritine à 80 µg/L se situe généralement dans une zone rassurante. À l’inverse, une ferritine à 25 µg/L accompagnée d’une fatigue importante peut nécessiter des investigations complémentaires.
Pourquoi la ferritine évolue-t-elle avec l’âge ?
Les besoins en fer changent au fil de la vie. Avant la ménopause, les menstruations représentent une perte régulière de fer. Après leur arrêt, cette perte disparaît, ce qui explique souvent des réserves plus élevées.
Le vieillissement s’accompagne aussi d’autres phénomènes pouvant modifier le taux de ferritine :
- Présence plus fréquente de maladies chroniques.
- Prise de médicaments sur de longues périodes.
- Modification de l’alimentation.
- Diminution de l’absorption intestinale chez certaines personnes.
- Inflammation chronique de faible intensité.
- Troubles digestifs pouvant provoquer des saignements discrets.
Une valeur observée chez une femme de 30 ans n’a donc pas toujours la même signification chez une femme de 70 ans. Les médecins tiennent compte de l’ensemble du dossier médical avant toute décision.
Quels symptômes peuvent apparaître lorsque la ferritine est basse ?
Une baisse progressive des réserves en fer peut rester silencieuse pendant plusieurs mois. Lorsque les réserves deviennent insuffisantes, différents signes peuvent apparaître.
Les manifestations les plus fréquentes comprennent :
- Fatigue inhabituelle.
- Baisse de l’endurance à l’effort.
- Essoufflement plus rapide.
- Palpitations.
- Pâleur.
- Vertiges.
- Chute de cheveux plus marquée.
- Fragilité des ongles.
- Troubles de la concentration.
Chez les femmes âgées, ces signes peuvent être attribués à tort au vieillissement. Un bilan sanguin permet alors de vérifier si une carence martiale est présente.
Une ferritine basse n’entraîne pas systématiquement une anémie. Les réserves peuvent être réduites alors que l’hémoglobine reste encore dans les limites habituelles.
Ferritine basse après 60 ans : quelles causes possibles ?
La diminution des réserves en fer n’est pas systématiquement liée à une alimentation insuffisante. Plusieurs mécanismes peuvent être impliqués.
Les causes fréquemment retrouvées sont :
- Saignement digestif chronique.
- Polypes intestinaux.
- Ulcère gastrique.
- Prise prolongée d’anti-inflammatoires.
- Maladie cœliaque.
- Intervention chirurgicale digestive antérieure.
- Apports alimentaires insuffisants.
- Malabsorption du fer.
Chez une femme ménopausée, la découverte d’une ferritine très basse conduit souvent à rechercher une origine digestive. Cette démarche vise à identifier une éventuelle perte sanguine passée inaperçue.
Les examens complémentaires peuvent inclure des analyses sanguines supplémentaires, un test des selles ou des explorations digestives selon la situation.
Que signifie une ferritine élevée chez la femme âgée ?
Une ferritine supérieure aux valeurs de référence n’indique pas automatiquement un excès de fer. Cette protéine augmente aussi dans plusieurs situations inflammatoires ou métaboliques.
Parmi les causes possibles figurent :
- Maladies inflammatoires chroniques.
- Infections.
- Atteintes du foie.
- Consommation importante d’alcool.
- Syndrome métabolique.
- Obésité.
- Hémochromatose.
- Certaines maladies hématologiques.
L’hémochromatose est une maladie génétique provoquant une accumulation excessive de fer dans l’organisme. Elle peut être diagnostiquée tardivement, parfois après 60 ans. Une ferritine élevée associée à un coefficient de saturation de la transferrine augmenté peut orienter vers cette hypothèse.
Une ferritine à 300 ou 400 µg/L n’a pas la même signification selon qu’elle s’accompagne ou non d’autres anomalies biologiques. L’analyse isolée du chiffre est rarement suffisante.
Quels examens sont associés au dosage de la ferritine ?
Le résultat de ferritine est souvent interprété avec d’autres paramètres sanguins afin d’obtenir une vision plus complète du métabolisme du fer.
Les examens fréquemment demandés en complément sont :
- Numération formule sanguine.
- Hémoglobine.
- Fer sérique.
- Transferrine.
- Coefficient de saturation de la transferrine.
- CRP pour rechercher une inflammation.
- Bilan hépatique.
Une ferritine normale peut parfois masquer un manque de fer lorsqu’une inflammation est présente. Dans ce contexte, la ferritine tend à augmenter artificiellement. Le médecin examine alors l’ensemble des résultats biologiques afin d’éviter une mauvaise interprétation.
Alimentation et ferritine après 60 ans
L’alimentation participe au maintien des réserves en fer. Deux formes de fer sont présentes dans les aliments.
Le fer héminique, issu principalement des produits animaux, est généralement mieux absorbé. Le fer non héminique, présent dans les végétaux, est absorbé de manière plus variable.
Les aliments contenant du fer comprennent notamment :
- Viande rouge consommée avec modération.
- Volaille.
- Poissons.
- Fruits de mer.
- Lentilles.
- Haricots secs.
- Pois chiches.
- Épinards.
- Tofu.
- Fruits secs.
La vitamine C favorise l’absorption du fer alimentaire. À l’inverse, le thé et le café pris pendant le repas peuvent réduire cette absorption chez certaines personnes.
Une ferritine basse durable ne doit pas être corrigée uniquement par des changements alimentaires sans avis médical, surtout après 60 ans. La recherche de la cause reste prioritaire.
Quand un traitement par fer peut-il être envisagé ?
La prescription d’un complément en fer dépend du résultat biologique, des symptômes observés et de la cause identifiée.
Chez certaines femmes, une supplémentation orale est proposée pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Des contrôles sanguins réguliers permettent alors de vérifier l’évolution de la ferritine et de l’hémoglobine.
Les comprimés de fer peuvent provoquer des effets digestifs tels que :
- Nausées.
- Douleurs abdominales.
- Constipation.
- Diarrhée.
- Selles foncées.
Lorsque l’absorption digestive est insuffisante ou lorsqu’une correction rapide est recherchée, une administration par voie intraveineuse peut être envisagée dans certains cas.
Un excès de supplémentation n’est pas souhaitable. Une prise prolongée sans surveillance médicale peut entraîner une accumulation excessive de fer chez certaines personnes. C’est pourquoi les contrôles biologiques restent importants pendant toute la durée du traitement.


